Une avancée majeure pour la recherche sur les troubles du neurodéveloppement
Pour la première fois en France, des images du cerveau d’un enfant de 6 ans ont été obtenues grâce à une IRM à 7 teslas (IRM 7T), au sein de NeuroSpin (CEA Joliot). Cette prouesse technologique, réalisée avec la participation de l’Institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant, marque une avancée majeure dans l’étude du cerveau en développement et des troubles du neurodéveloppement.
Qu’est-ce que l’IRM 7T et pourquoi est-elle révolutionnaire ?
L’IRM à 7 teslas est une technologie d’imagerie ultra-haut champ, qui permet d’obtenir une résolution et un contraste bien supérieurs à ceux des IRM classiques (1,5 ou 3T), utilisées couramment à l’hôpital.
Grâce à cette puissance, il devient possible de :
- Visualiser des détails très fins du cerveau, jusque-là invisibles,
- Mieux détecter des anomalies structurelles comme de petites malformations corticales ou des lésions microscopiques,
- Étudier la vascularisation cérébrale et le métabolisme du cerveau avec une précision inédite,
- Explorer l’activité cérébrale à l’échelle individuelle, ouvrant la voie à une médecine plus personnalisée.
Une première mondiale chez l’enfant
Jusqu’à récemment, cette technologie était réservée aux adultes, en raison des défis techniques et réglementaires liés à la sécurité des jeunes patients. Après plusieurs années de recherche et développement, les équipes du CEA NeuroSpin ont :
- Conçu une antenne IRM adaptée à la morphologie des enfants,
- Optimisé les protocoles pour réduire la durée d’examen (moins de 6 minutes par séquence),
- Assuré le respect total des normes de sécurité (modélisation fine du DAS – Débit d’Absorption Spécifique),
- Obtenu l’autorisation de l’ANSM pour les examens pédiatriques à 7T.
Des applications concrètes pour les enfants atteints de troubles neurologiques
L’IRM 7T représente une opportunité unique pour mieux comprendre et diagnostiquer les troubles du neurodéveloppement, tels que :
- Les troubles liés à l’alcoolisation fœtale, souvent associés à des atteintes spécifiques du cervelet,
- Les épilepsies infantiles, dont certaines formes pourraient bénéficier d’une chirurgie curative si les malformations sont précisément localisées,
- Les troubles du spectre de l’autisme (TSA), le TDAH, et d’autres pathologies pour lesquelles les mécanismes cérébraux restent encore partiellement compris.
«L’IRM 7T nous permet de voir ce que l’IRM 3T ne montre pas : les micro-anomalies, la vascularisation fine, le métabolisme cérébral… Ce niveau de détail change notre manière de comprendre et d’aborder les pathologies de l’enfant.»
Dr David Germanaud, neuropédiatre et chercheur à l’Institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant.
Vers une recherche plus individualisée et prédictive
Au-delà du diagnostic, cette avancée ouvre de nouvelles voies pour une recherche plus fine, individualisée et prédictive sur le développement cérébral, grâce à :
- L’exploration détaillée des connexions entre les structures cérébrales (substance grise et blanche),
- Le suivi longitudinal du développement des capacités cognitives chez chaque enfant,
- L’identification de biomarqueurs précoces utiles pour la prévention et l’intervention.
Une recherche collaborative d’excellence
Ce projet est le fruit d’une collaboration interdisciplinaire entre :
- Les ingénieurs et physiciens du CEA NeuroSpin, spécialisés en imagerie ultra-haut champ,
- Les médecins, neuropédiatres et chercheurs de l’Institut Robert-Debré du Cerveau de l’Enfant,
- Et le soutien des institutions publiques de santé et de recherche.
« Nous avons voulu offrir aux enfants ce que la recherche permet déjà chez l’adulte. C’était un défi technologique, mais c’est aujourd’hui une réalité, avec toutes les garanties de sécurité. »
Vincent Gras, ingénieur-chercheur à NeuroSpin
Une ambition : transformer la prise en charge des enfants
Grâce à l’IRM 7T, la France se place à la pointe mondiale de l’imagerie cérébrale pédiatrique. L’Institut Robert-Debré est fier de participer à cette avancée, avec pour ambition de :
- Améliorer les soins aux enfants en difficulté neurodéveloppementale,
- Accélérer la recherche translationnelle,
- Et former une nouvelle génération de chercheurs et cliniciens en neuroimagerie de pointe.
Pour en savoir plus : https://www.cea.fr/presse/Pages/actualites-communiques/sante-sciences-du-vivant/IRM-7T-chez-l%E2%80%99enfant-des-6-ans.aspx
Crédit images : CEA/Neurospin